Passage frontière Cambodge Laos via Stung Treng

Notre voyage au Cambodge touche à sa fin et on vous cache pas qu’on a une petite larme à l’oeil rien que d’y penser ! On vous donnera notre ressenti complet sur ce pays dans un prochain article mais on peut déjà vous dire qu’on aurait bien prolonger notre séjour au Cambodge. Toujours est-il que notre visa arrive à expiration et qu’il faut penser à passer cette fameuse frontière entre le Cambodge et le Laos.

Pourquoi « fameuse »? Parce qu’en lisant quelques articles de blogs et en parlant à certains voyageurs, c’est LA frontière où le touriste se ferait le plus plumer. Frais de 2$ par là, visite médicale payante, etc. On nous raconte des choses invraisemblables et on a dû mal à y croire tant ça paraît saugrenue! En tout cas, on a retenu une chose, si on prend un bus du Cambodge jusqu’au 4000 îles au Laos, on ne pourra pas trop discuter et on devra sans doute payer les pots de vin. On a donc l’idée de faire du stop. Mais avant ça, on découvre la ville de Stung Treng et le Riverside Hotel tenu par un cambodgien très particulier, Mister T.

Quelques jours à Stung Treng

Comme nous avions quelques jours de rab après notre escale à Banlung, nous avons passé quelques jours à Stung Treng. Généralement les voyageurs y passent une nuit mais nous, nous y avons passé 4 jours. Nous étions dans le même hôtel que Sergio et Hugo, deux français rencontrés quelques jours plus tôt à Banlung. On va vous le dire franchement, on a pas fait grand chose de nos 4 jours mais qu’est-ce que ça nous a fait du bien de glander un peu! On a profité des couchers de soleil sur le Mékong, on a siroté des bières avec nos copains français et on s’est fait plaisir niveau bouffe sans pour autant dépasser notre budget.

stung treng

Dainah en contre jour pendant le coucher de soleil

Concernant le Riverside Hotel, on nous a dit qu’il était dans le Lonely Planet et on a eu du mal à le croire. Mister T, le gérant n’est pas ce qu’on pourrait appeler un homme « amical ». Souvent quand on lui posait une question, il restait simplement là à nous fixer avant de nous répondre par un laconique « yes » ou « no ». On a bien senti qu’on dérangeait un peu quand on restait en bas à bavarder avec Sergio et Hugo. Dès 20h30, on nous priait d’aller dans nos chambres car ils allaient dormir. Dans une guesthouse, on peut comprendre si les bases sont posées dès le départ, là c’était moins évident.

A partir du deuxième jour, l’hôtel était systématiquement fermé à 19h30. Autant vous dire que tous les soirs après dîner on devait tambouriner à la porte pour rentrer…Cerise sur le gâteau, un panneau bien visible à la réception indiquait clairement que les voyageurs qui ne souhaitaient pas payer à la frontière ne seraient pas attendus par le bus, ça te met dans l’ambiance! Bon, il n’y a pas que du négatif au Riverside Hotel, on peut quand même remplir sa bouteille d’eau/gourde pour 2,000 riels (0,50€ environ) et ça c’est bien vu. Oui, c’est le seul point positif qu’on retiendra! Et on a quand même fini par prendre tout ça avec le sourire, ce qui nous angoissait le plus c’était ce maudit passage de frontière!

A Stung Treng, nous avons aussi fait la connaissance de Jean-Louis, un français à la retraite qui a monté son association pour aider le Cambodge. Il nous présente une amie cambodgienne avec qui Daïnah a une longue discussion. Au début, elles parlent surtout couleur de peau. Pour cette cambodgienne, il est impossible de s’imaginer avec la couleur de peau de Daïnah. Pourtant, elle est la première à complimenter Daïnah. Néanmoins pour elle, le seul moyen d’être belle dans son pays est de se blanchir la peau.  On vous laisse imaginer le type de produits qu’elle utilise au quotidien…On essaye de lui dire que cela peut être nocif pour elle mais les canons de beauté sont ancrées dans son esprit et il est difficile de le comprendre vu de l’extérieur. En tout cas pour elle, être blanche est synonyme de beauté.

En continuant à discuter, cette femme nous explique comment elle a dû quitter l’école pour venir en aide à sa famille lorsque sa mère est tombée malade. Elle était adolescente et elle a dû travailler dans une usine de textile pour soutenir sa famille financièrement. A cette époque, elle fabrique des vêtements pour de grandes enseignes comme H&M et parfois elle travaille pendant 24h sans s’arrêter. Le plus souvent ses journées durent 12h minimum et elle est payée une misère.

Son témoignage est poignant et Jean-Louis nous explique qu’il aimerait qu’elle en parle dans des écoles en France. Selon lui, ce serait un bon moyen de faire réfléchir les jeunes qui consomment la mode sans penser à ce qui se cache derrière.  On ne peut que l’encourager dans sa démarche!

enfants au bord du Mékong qui s'amusent

Passage frontière Cambodge Laos

Après nos quelques jours de farniente à Stung Treng, il était temps de quitter le Cambodge. Après réflexion, on s’est dit que le mieux était de faire du stop pour se rendre jusqu’à la frontière. Cela nous permettait d’arriver seuls et de discuter plus facilement avec les douaniers. On prend notre dernier petit déjeuner à côté du Riverside Hôtel dans un petit resto cambodgien non loin du Mékong.

coucher de soleil pastel au bord du Mékong

Le couple qui tient ce resto (ouvert uniquement le matin) a vécu 12 ans en France et ils nous parlent parfaitement français. On leur explique notre souhait de nous rendre jusqu’à la frontière en stop. On leur montre notre pancarte en anglais et là ils font la moue. Finalement, ils prennent notre pancarte et écrivent quelques mots en cambodgien dessus.

« Comme ça c’est bon sinon on vous comprendra pas »
« Super, merci beaucoup »
« Bon voyage »

8h00 – On quitte le resto et ce couple de cambodgien et nous voilà partis pour sortir de la ville. On marche environ 4km pour se rendre sur un pont, c’est la seule route qui mène vers le Laos. On traverse le pont en montrant notre pancarte et là, une personne s’arrête. C’est un cambodgien qui travaille pour une ONG et il peut nous avancer d’une bonne quarantaine de kilomètres. On accepte volontiers. Pendant le trajet, il nous parle de son métier et de ce qu’il souhaite accomplir. Il se rend dans un village pour y créer des guesthouse afin d’offrir un endroit lié à l’éco-tourisme. En nous déposant, il nous donne sa carte.

8h45 – Nous voilà un peu au milieu de nulle part. On continue à marcher un peu. On croise une maison où une jeune fille nous demande où nous allons. Nous répondons « Laos » et elle nous demande si on veut louer son scooter. Techniquement, on ne peut pas et on la remercie en disant qu’on va continuer à pied. Toute la famille nous regarde partir et nous font des signes de la main.

9h – Une camionnette s’arrête, le jeune homme nous dit qu’il va lui aussi passer la frontière et qu’il veut bien nous emmener. On monte avec lui. On doit d’abord aller récupérer des planches en bois chez un de ses amis puis nous voilà partis pour la frontière. Il nous arrête pile devant le poste frontière et nous dit de continuer à pied.

9h45 – Nous sommes à la frontière. On respire un grand coup et on y va. On se présente devant le poste frontalier cambodgien. Le douanier demande à Daïnah uniquement:

« Paie 2$ »
« Euh, non merci » (ricanements côté douanier)
« Paie 2$ »
« Désolée je n’ai pas d’argent »
« Ah tu es pauvre? »
« Non, mais je n’ai que 30$ pour mon visa laotien »

Silence. Quelques secondes passent puis les passeports sont jetés vers nous depuis un autre guichet. Nous avons notre tampon cambodgien (oui on vérifie bien parce qu’ils tamponnent un peu n’importe où). Nous nous dirigeons maintenant côté laotien. On remplit nos documents et on paie nos visas (soit 30$ par tête). On ne nous demande rien. Une jeune femme en blouse blanche s’approche de nous en disant « Sorry ». On fait la sourde oreille et elle repart aussi vite qu’elle est venue. Nous n’aurons pas droit à la fameuse « visite médicale ». Il ne nous reste plus que le tampon laotien. Une fois encore, c’est à Daïnah qu’on s’adresse.

« Paie 2$ »
« Je n’ai pas d’argent, désolée »

On patiente un peu en discutant devant le guichet. On nous demande une seconde fois de payer et on explique que nous n’avons pas d’argent. Petit moment d’attente puis on nous rend nos passeports.

10h15 – Nous avons passé exactement 30min à la frontière entre le Cambodge et le Laos. Nous qui pensions y rester la journée!

Il ne nous reste plus qu’à nous rendre à Nakasang où nous prendrons un bateau pour l’île de Don Det dans les 4000 îles. Nous marchons un petit peu et nous voyons passer un pick-up qui nous fait comprendre qu’il dépose juste quelqu’un à la frontière. On le revoit passer quelques minutes après. Il nous demande 10$ pour nous amener jusqu’à un croisement. On lui propose 5$ pour deux. Il accepte. Le croisement n’est en fait pas si loin et on regrette un peu de ne pas avoir négocié un peu plus. On doit encore marcher quelques kilomètres pour rejoindre Nakasang. Cette fois, c’est un pick-up qui se propose de lui-même de nous emmener jusqu’au ferry gratuitement. On accepte avec plaisir.

Une fois sur place, on paie le prix du bateau et nous posons le pied à Don Det vers 12h! On sera rejoint par Sergio et Hugo dans la journée. Ils ont aussi fait du stop et ils ont réussi à passer la frontière sans encombres. D’autres voyageurs ayant pris un bus auront moins de chance, ils nous expliquent qu’ils sont restés jusqu’à 19h à la frontière et qu’ils ont dû prendre un hôtel à Nakasang car il n’y avait plus de bateau pour les 4000 îles. Ils ont quand même réussi à ne pas payer. Ils étaient 9 français à faire de la résistance.

Vous l’aurez compris, le plus « simple » pour ne pas se faire dépouiller à la frontière et ne pas perdre trop temps est de s’y rendre par ses propres moyens. En arrivant en stop, nous n’avons eu aucun problème et les douaniers ne nous ont pas trop embêtés. Nous avons joué la carte des naîfs qui passaient la frontière avec juste les 30$ nécessaire pour le visa et cela a fonctionné. En même temps, on avait juste un billet de 100$ pour faire du change à Don Det.

Au vu de certains récits de blogueurs, on ne pensait pas passer la frontière aussi rapidement et on était plutôt soulagés en arrivant au Laos.

Nos conseils pour passer la frontière Cambodge/Laos

  • Passez la frontière le matin. Dès 16h vous aurez à payer « des frais administratifs ». Il sera aussi plus facile de faire pression avant que les bus remplis de voyageurs arrivent.
  • Ne passez pas la frontière le week-end, là encore il y a des « frais administratifs », cela semble aussi vrai pour les jours fériés. C’est noté noir sur blanc à la frontière, il sera donc difficile de ne pas payer.
  • Privilégiez le stop. Vous arriverez en solo et il sera beaucoup plus facile de négocier seul à seul avec les douaniers.
  • Armez-vous de courage et de patience 🙂

Conseils Pratiques

  • Hôtel Riverside: 5,40€ pour 2 personnes
  • Water refill au Riverside Hotel: 2,000 riels la bouteille d’1,5l soit 0,50€ environ
  • Quelques restaurants que nous vous conseillons: Ponika’ Palace, la petite guinguette au bord du Mékong en face du Riverside Hotel (en contrebas) et le petit resto du matin tenu par un couple de cambodgiens qui parlent français (à 2 pas du Riverside Hôtel également).
  • Bateau pour Don Det (les 4000 îles): 15,000 kips par personne (soit un peu moins de 2€ par personne)

Nous vous parlerons très prochainement du Laos sur le blog. Pour avoir un aperçu de ce que nous y faisons vous pouvez suivre notre page Facebook.

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