Birmanie: Découverte de Yangon, capitale destituée

Yangon nous a profondément marqué. Elle nous a pris par le col et nous a forcé à la regarder droit dans les yeux. Ces yeux, ce sont d’abord ceux des chauffeurs de taxi qui nous attendent à la sortie de notre bus de nuit. Ce sont aussi ceux des birmans que nous croiserons et qui nous dévisageront sans comprendre d’où l’on vient. Ceux sont aussi ceux des indiens, étonnamment nombreux dans l’ancienne capitale birmane. Cela rappelle des souvenirs à Daïnah. En effet, Yangon ressemble étrangement à la ville de Calcutta. La pauvreté qui te saute aux yeux, les bâtiments coloniaux décrépis et ces regards qui te marquent au fer rouge tant ils sont pénétrants. Mais comme Calcutta, Yangon nous a d’abord repoussé pour ensuite mieux se laisser découvrir. Cet article sera donc un peu différent des précédents car Yangon, la destituée, le vaut bien. Voilà le récit de notre arrivée dans l’ancienne capitale birmane.

yangon birmanie

Circle Line et arrivée à Yangon

Encore sonnés, nous sommes impuissants face au tsunami de birmans qui veulent à tout prix nous faire monter dans leur taxi.

« Combien? »
« 5000 kyats par personne »
« C’est le même prix que le bus que nous venons de prendre »

De toute façon, il est hors de question de prendre un taxi. Nous avions déjà convenu de prendre la Circle Line (sorte de RER) qui nous emmenerait tranquillement (très tranquillement même car il faut compter 2h) vers le centre ville de Yangon. Nous marchons vers la gare la plus proche située à quelques kilomètres de la gare routière. Nous avons nos sacs sur le dos et nous marchons au bord de la route, le trottoir est inexistant. La gare routière est animée, il y a des familles qui se mêlent à des badauds qui errent dans le coin. Beaucoup de taxis nous voient de loin et manquent de nous écraser pour nous prendre dans leur véhicule. C’est peine perdu, on a déjà un autre itinéraire tout tracé.

La pluie s’invite à notre escapade. Les chauffeurs voient alors une aubaine et s’arrêtent à chaque fois devant nous, nous bloquant presque la route. On essaye de négocier mais c’est impossible, personne ne cèdera. D’un côté comme de l’autre d’ailleurs. Nous avançons vers notre destination, il continue de pleuvoir. Daïnah sent qu’elle tombe malade, elle a un mal de tête incroyable et ses jambes flagellent. Cette fin de journée va être un enfer pour elle.

arrivée à yangon

Nous arrivons enfin dans un quartier résidentiel. Un petit coup d’oeil sur Maps.me et nous voilà dans la rue qui nous mène vers la Circle Line. L’aéroport n’est pas loin et on peut voir les avions atterrir juste au dessus de nos têtes. On entend un train au loin. C’est le nôtre mais il est déjà trop tard. Lorsque nous arrivons à la gare, le train est déjà loin et nous devons enjamber les rails pour nous rendre jusqu’au guichet.

« 2 tickets pour Yangon City, s’il vous plait »
« 200 kyats »

Le guichetier nous explique qu’il faut patienter une trentaine de minutes pour le prochain train. Autour de nous, les birmans nous regardent du coin de l’oeil. Ils sont sûrement surpris de voir des touristes par ici. De l’autre côté du quai, des hommes jouent à un sport local. Ils jonglent et se font des passes sur le quai avec une sorte de balle en bois. Le longyi traditionnel s’est habilement transformé en short pour libérer le mouvement de ces acrobates. Nous les regardons amusés. Au loin, on voit un homme qui fait paître ses chèvres sur la voie ferrée, de l’autre côté des enfants s’amusent sur les rails. Entre tout ça, des hommes, des femmes et des enfants traversent continuellement les voies souvent chargés: courses, fruits, vélos,…Tout se transporte.

jeune femme sur un quai à Yangon

Nous regardons ce spectacle qui se déroule devant nous et l’attente s’en trouve fort réduite. On entend finalement le train qui arrive, les lumières oranges indiquent qu’ils faut libérer la voie. Entre temps, le quai s’est noirci de monde. Nous montons dans le train et nous arrivons à trouver deux places où peut s’assoir et poser nos sacs, un luxe. C’est parti pour près deux heures de balade. Le train est plein et des marchands ambulants défilent pour écouler leurs stocks de marchandises: fruits, légumes, médicaments, snacks, etc. Il y en a pour tout les goûts. Ces hommes et ces femmes transportent leur marchandise en équilibre sur leur tête. Les marques de Thanaka sur leur visage nous sont encore inconnues mais  c’est une marque de dépaysement qui ne trompe pas. Nous sommes bien en Birmanie.

Circle line à yangon birmanie

Par la fenêtre, la banlieue puis la ville de Yangon défilent devant nous. Nous croisons beaucoup de bidonvilles construits au bord des rails et qui débordent de déchets. Ce n’est pas rare de voir des enfants jouer avec des sacs plastiques où d’autres objets insolites laissés là par un passant ou par un passager du train. Cette pauvreté extrême nous choque, nous n’avions encore jamais vu un tel niveau de pauvreté depuis que nous sommes en Asie et pourtant nous avions croisé des bidonvilles sur notre route notamment au Cambodge. Autour de nous, des passagers amusés se retournent et nous sourient. Nous sommes les seuls touristes de la rame et nous sentons que nous sommes l’attraction principale. L’état de Daïnah se s’améliore pas, son mal de tête est toujours là et elle se sent fébrile. Décidément, cette arrivée n’est pas de tout repos.

Les 2h sont passées assez vite (enfin peut être pas pour Daïnah) nous voilà maintenant au cœur de la ville. Nous avons trouvé un hôtel dans Chinatown. Nous marchons une trentaine de minutes avant de le trouver. Les chambres sont minuscules et la salle de bain est partagée. Daïnah est épuisée donc on ne va pas plus loin et on s’arrête ici. Cette dernière tombe de fatigue et commence à grelotter. Elle a de la fièvre. Il est 20h et on est tous les deux très fatigués. Clément va chercher de quoi manger et on s’endort rapidement, cette journée nous a épuisé.

street food à myanmar

tuk tuk en birmanie

Clément ira découvrir la ville de Yangon les jours suivants pendant que Daïnah se remettra sur pieds à l’hôtel. Elle a attrapé froid à cause de la clim dans le bus. Quelle ironie quand on sait qu’il fait 30°C à l’extérieur. Au bout de deux jours elle est de nouveau en forme et nous pouvons visiter tranquillement la ville. On la parcourt de long en large et on découvre à quel point cette ville est photogénique. Ces vieux bâtiments et ces ruelles étroites sont un régal à prendre en photo. A Yangon, on remarque également que la vie se fait à l’extérieur, à même la rue. On voit une quantité impressionnante de street food et de petits marchés au détour des ruelles. Même les magasins débordent à l’extérieur pour appâter le chaland. Avant de quitter cette ville hors norme, nous allons voir l’un des temples les plus sacrés du pays, la Pagode Swedagon.

batiment rose colonial à rangoun ruelle à yangon Myanmar

porte bleue à yangon

yangon

rangoun

rue à yangon en birmanie

escalier à yangon

passants à yangon

marché à yangon

La Pagode Swedagon à Yangon

Nous décidons d’aller voir la pagode Swedagon en fin de journée afin de la voir sous les derniers rayons du soleil puis de la voir s’éclairer à la tombée de la nuit. La pluie s’invite à notre escapade mais nous apprécions néanmoins la visite de ce véritable complexe bouddhiste. La pagode au centre se ferait presque voler la vedette par tous les fidèles qui se pressent dans les différents édifices qui l’entourent. Dès que la nuit tombe, des croyants viennent allumer des bougies et la pagode se pare de son habit doré. C’est un spectacle en soi. Ce jour-là, on finit notre journée dans un restaurant indien, décidément on ne se lassera jamais de la cuisine indienne!

pagode shwedagon à yangon

moines dans une pagode à yangon

pagode à yangon en birmanie

la pagode shwedagon à yangon de nuit

On quittera Yangon 2 jours après notre arrivée. Nous reprendrons la Circle Line pour retourner à la gare routière d’où nous prendrons notre bus pour Bagan. En chemin, on discutera avec un birman dans le train puis avec un indien juste avant la gare routière. L’arrivée à Bagan sera totalement différente, on vous en parle dans notre prochain article.

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