Tongariro Alpine Crossing : une randonnée plutôt mitigée

Après la route des vins, nous revoilà à Taupo. Il y a quelques mois, nous avions hésité à faire la randonnée la plus célèbre de Nouvelle Zélande, le Tongariro Alpine Crossing. Il y avait encore beaucoup de neige sur le parcours et nous avons préféré attendre l’été pour faire cette randonnée tranquillement, sous le soleil.

Avec le recul, on aurait bien fait cette randonnée deux fois car les paysages changent beaucoup lorsque les chemins sont enneigés. Quoiqu’il en soit, nous revoilà à Taupo, au même camping à attendre que la météo soit un peu plus clémente pour que nous puissions profiter à fond du Tongariro Alping Crossing. Pendant cette attente, nous allons rencontrer 3 françaises avec qui nous allons sympathiser. Elles sont là pour quelques mois et comme nous elles attendent le jour idéal pour faire le Tongariro Alpine Crossing. On passe notre toute première soirée avec elles et 2 autres français rencontrés sur place, à jouer aux cartes.

Randonnée du Tongariro Alpine Crossing

La météo a l’air de s’améliorer et on décide de réserver un shuttle. Comme la randonnée ne forme pas une boucle, il faut arriver à la fin de la randonnée en voiture et un shuttle t’emmènes jusqu’au début du trek. Comme ça, tu peux récupérer ton véhicule à la fin. Certains veulent économiser des sous et font du stop, chacun fait comme il le sens, nous on avait pas envie de se prendre la tête et on a tout réservé la veille. Cela nous aura coûté 35$ par personne.

Le problème avec les shuttle c’est que tout le monde arrive au même moment sur le chemin de randonnée. En arrivant au début du trek, on a vu plusieurs personnes patienter et sur le moment on a pas trop saisi. En effet, il y a des shuttle assez régulièrement et ça nous semblait inutile d’attendre avant de démarrer le Tongariro Alpine Crossing. Mais ces gens là n’avaient pas tort finalement…

Début du Tongariro Alpine Crossing…en file indienne

Nous avons fait un certain nombre de randonnées en Nouvelle-Zélande et mise à part Roy’s Peak à Wanaka, nous n’avons jamais eu l’impression de faire partie d’un troupeau de touristes . Au Tongariro Alpine Crossing, ce fut le cas. Cette randonnée a été classée parmi les plus belles randonnées à la journée au monde et naturellement ça ramène du monde, beaucoup de monde, trop de monde.

Certains viennent en Nouvelle-Zélande en ce disant, « la seule rando que je ne peux pas louper c’est le Tongariro Alpine Crossing ». Sur place, on a l’impression que tous les touristes sont sur ce chemin de randonnée, c’est assez hallucinant.

tongariro alpine crossing

Nous sommes là avec nos petits sacs à dos à suivre une file interminable de touristes en file indienne. Clément peste, à chaque fois qu’on s’arrête pour prendre des photos ou des vidéos un groupe nous dépasse. Sauf qu’on a plutôt un bon rythme et on les rattrape toujours assez vite. C’est un interminable chassé-croisé et franchement, c’est très énervant. Sans mentionner les groupes qui viennent avec leur enceinte pour écouter de la musique tout au long de la randonnée. Ceux là ne sont pas là pour admirer la nature qui les entoure et encore moins pour le silence qu’on aime tant quand on part en randonnée. Non, ceux là sont là pour dire « je l’ai fait » et pour faire des selfies et oublient qu’il y a d’autres gens qui sont là pour la nature et non pour écouter le dernier tube de Selena Gomez….Oui, le début de la randonnée a été assez frustrant!

L’ascension du Mont Ngaruhoe

Pour couronner le tout, le ciel s’est bien assombri et honnêtement on apprécie pas du tout le début de cette randonnée. Au bout d’une heure de marche environ et après une bonne montée, nous arrivons à une sorte de grande plaine aux paysages lunaires. Là, on décide de faire une pause face au Mont Ngahuroe (Le célèbre Mont Doom pour les fans du seigneur des anneaux). Et Clément a une idée, et si on grimpait au sommet ?

mont ngaruhoe

L’idée germe assez rapidement et on se dirige vers le volcan. Sauf qu’on ne réfléchit pas forcément à la route qu’on va prendre et on se retrouve dans de la caillasse, de la lave qui s’est transformée en rochers bien glissants…Nous voilà donc a galéré sur le flanc du volcan et on aperçoit au loin quelques personnes qui suivent un chemin bien précis sur le volcan. On comprend vite qu’on arrivera pas à rejoindre le sommet si on continue sur cette lave glissante. On décide de rejoindre le « vrai » chemin mais c’est vraiment le parcours du combattant.

Une fois qu’on est sur la bonne route, on avance plus rapidement car le sol est beaucoup plus dur. Sauf que cette ascension dans la roche est un peu plus compliquée pour Daïnah. Elle a mal au genou et comme il nous reste encore une bonne marche, elle préfère s’arrêter, ça serait quand même bête de se blesser. Clément veut redescendre mais on a quand même pas fait tout ça pour rien alors après discussion, il continue jusqu’au sommet.

Il l’atteint facilement en peu de temps et revient avec des photos pour que je puisse voir à quoi ça ressemblait là haut. Depuis le sommet, on retrouve une vue à 360° sur les alentours quelque peu gâchée par les nuages. Mais le clou du spectacle est le cratère du volcan, entouré de roche rouge dans lequel on trouve de la neige éternelle. Nous redescendons rapidement, c’est toujours plus facile en descente, il suffit de courir en ligne droite à flanc de montagne. Les pieds s’enfoncent dans la roche et cela devient vraiment amusant de dévaler la montagne à toute allure ! On se rend compte qu’on a mis près de 3h pour monter et descendre du volcan. En bas, il n’y a presque plus personne. La majorité des touristes ont eu le temps de nous dépasser et la randonnée devient enfin agréable !

cratere ngahuroe nouvelle zelande

mont doom nouvelle zelande

vue depuis le sommet du mont ngahuroe nouvelle zelande

Le Cratère rouge et les Lacs

Nous continuons tranquillement notre route et nous arrivons au « red crater ». Une crevasse très impressionnante juste au bord du chemin. On prend le temps de faire un pause et de papoter avec un français qui fait le « Te Araroa », une randonnée qui parcourt toute la Nouvelle-Zélande (oui, vous avez bien lu, du Northland jusqu’à Bluff sur l’île du sud). On est très impressionnés surtout qu’en Nouvelle-Zélande, le temps change tout le temps et il a juste une petite tente, chapeau! Alors qu’on déguste une barre de céréales, on entend une fille à côté de nous qui peste contre nous auprès de ses amis. On ne comprend pas tout de suite puis on la voit s’éloigner….pour aller faire pipi ! Il faut savoir qu’il y a PLEIN de toilettes tout au long du parcours et honnêtement son attitude nous rend fous. Même Daïnah qui a la plus petite vessie du monde n’a eu aucun problème durant cette rando, c’est vous dire!

On préfère avancer après cet épisode et on arrive au niveau de plusieurs lacs  qui ont une couleur verte complètement irréel. On a une belle éclaircie à ce moment-là et on peut apprécier ce paysage incroyable qui nous entoure. On reste un bon moment sur place et on apprécie le paysage et la quiétude qui règne à présent sur place. Un peu plus loin, on aperçoit le lac d’émeraude puis on grimpe encore un peu pour se retrouver à flanc de montagne. Il reste encore pas mal de kilomètres à parcourir et les paysages sont déjà moins époustouflants surtout après avoir sillonnée le sud du pays.

lacs tongariro alpine crossing

lacs tongariro alpine crossing

La fin de la randonnée est assez difficile car les paysages sont redondants, on redescend vers la vallée et on marche, on marche en espérant juste apercevoir le parking. On termine le Tongariro Alpine Crossing avec une lumière qui décline lentement. Le milieu de la randonnée est vraiment magnifique et le fait d’avoir échappé à la foule nous a aider à apprécier les paysages qu’offre cette belle randonnée.

En fin de journée, nous retournons au camping et retrouvons les trois françaises avec qui nous avions sympathisé. On leur raconte notre randonnée et on passe un moment ensemble. De leur côté, elles ont décidé de faire la randonnée le lendemain, le temps devrait être plutôt pas mal.

Vous l’avez compris, pour éviter la foule au Tongariro Alpine Crossing, mieux vaut prendre une des dernières navettes et attendre un peu que ça se désengorge. Surtout si vous comptez faire cette randonnée en été (comme ce fut notre cas!). La foule gâche vraiment la randonnée, surtout si comme nous, vous souhaitez avant tout vous retrouver au calme dans la nature. Cette randonnée sera la dernière que nous effectuerons en Nouvelle-Zélande. Notre périple en terre maoris touche à sa fin et Clément commence à avoir le cœur lourd.

Il nous reste quand même un endroit plutôt sympa à visiter c’est la région de Coromandel, là où les néo-zélandais viennent passer leurs vacances d’été. Mais avant de rejoindre cette région, on retourne voir les familles qui nous ont hébergé sur l’île du nord. On vous raconte tout ça dans notre prochain article.

tongariro alpine crossing

lac émeraude tongariro alpine crossing

nouvelle zelande

mont ngahuroe new zelande

Ce voyage a été effectué en Janvier 2018

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4 comments

  1. C’est magnifique !
    J’ai jamais compris le délire de venir en pleine nature, dans un endroit paisible, pour faire péter les watts.
    Merci pour la balade 😉

    1. On veut pas passer pour les rabat-joies de service mais c’est vrai que ça casse clairement la tranquillité du lieu. Heureusement, on a pu apprécier le reste de la rando 😉

  2. Quel dommage que vous ayez eu autant de monde et ces conditions… je suis dégoûtée pour vous ! Nous on l’a fait début juin 2017 (pas le choix, mais on a tenté) il y avait pas mal de neige mais on a marché dedans juste au sommet, sinon le sentier était dégagée. Les paysages n’avaient du coup rien à voir avec les autres… C’était tout simplement l’une des 2 plus belles randos de ma vie, et un souvenir imperrissable…
    Si vous voulez jeter un coup d’oeil, j’ai quelques photos sur mon instagram : https://www.instagram.com/la_mariniere_en_voyage/
    Bonne journée,
    Céline

    1. J’imagine que cela doit changer de le faire en hiver. Malgré la neige et le froid les paysages doivent être complètement différents. D’ailleurs on aurait dû le faire quand il y avait aussi de la neige, on aurait vu un autre Tongariro 🙂

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