Visiter Buenos Aires en quelques jours

« Buenos Aires n’existe pas »

Voilà une phrase qui nous a tout de suite interpellé. Ce n’est pas de nous mais de Marcel Duchamp, grand artiste français ayant habité la capitale Argentine pendant quelques mois. Nous sommes tombés sur cette citation au cours de notre visite au MALBA, le Musée d’Art Latino de Buenos Aires. Sur un des murs du musée, un artiste argentin répond à Duchamp par une œuvre aussi simple qu’efficace : un panneau de rue sur lequel est écrit « Buenos Aires no existe » et un autre avec la traduction française. Tient donc, les deux panneaux ressemblent fortement à ceux que l’on trouve dans les rues de Paris.

Effectivement, les deux villes sont connues pour se ressembler fortement, du moins architecturalement parlant, et là est tout le sens de cette phrase. Pour Duchamp, Buenos Aires n’existe pas vraiment et ne serait qu’une pâle copie de notre capitale parisienne. Alors est-ce que Buenos Aires n’est rien d’autre que ça ? Nous y avons passé plusieurs jours et nous nous sommes fait notre propre opinion.

Notre arrivée à Buenos Aires

Nous arrivons à l’aéroport sur les coups de 16h. Notre excitation se mélange à nos paupières lourdes et nos cernes creusées par la fatigue accumulée lors de ces 12h d’avion. Fini la facilité de la voiture ou du van, il faut recommencer à étudier toutes les possibilités de trajet, et les cours d’allemand de Clément n’aiderons en rien. Heureusement Daïnah est là pour faire la conversation. Sortis de l’aéroport nous sommes frappés par cette odeur de cigarette ambiante que nous avions presque oublié en Océanie. Nous voilà en dehors de l’aéroport en train de discuter avec deux argentins. Notre téléphone dans leur main, ils nous expliquent le chemin à suivre pour rejoindre notre hôtel. « Ne jamais sortir son téléphone » qu’on avait entendu un peu partout…

À présent installés dans notre bus nous roulons tranquillement vers Buenos Aires et découvrons petit à petit cette dernière. Arrivés à la gare routière, il nous faudra prendre un taxi pendant que nos deux amis argentins nous font de grands « au revoir » à travers la vitre du bus. C’est à bord du taxi que nous nous enfonçons un peu plus encore dans le centre ville et là, effectivement, nous découvrons une architecture qui nous est familière. Cela ressemble étrangement à Paris. D’ailleurs la musique choisie par le chauffeur – « Joe le Taxi » de Vanessa Paradis – ne fera que nous persuader de cette idée. Après quelques échanges et une explication sommaire des principaux bâtiments de la ville, il nous dépose devant notre hôtel en nous donnant quelques conseils. Un chauffeur de taxi amical et prévenant, voilà déjà une bonne différence avec Paris.

La météo s’en mêle

Nous passons les 2 jours suivants à arpenter la ville malgré le mauvais temps, le centre ville, le quartier de Puerto Madero, celui de Palermo, de San Telmo en alternant balade à pied et métro. Nous goûtons nos premières empañadas dans un petit resto à San Telmo et les jours suivants nous adopterons le « café con leche » avec des « tostados », des petits croques-monsieur au fromage et au jambon. Le ciel nous offre une accalmie le samedi soir et nous en profitons pour aller boire un verre dans le quartier branché de Palermo. Nous avons bien fait, les terrasses sont pleines à craquer et l’ambiance est bonne. Il y a comme un petit air de 11ème arrondissement par ici. On ne veille pas très tard et on rentre en métro.

quartier palermo buenos aires

Le lendemain la pluie est de nouveau au rendez-vous et nous ne pourrons donc pas flâner à la Feria Mataderos le dimanche (un marché aux puces très animé). Pour le moment donc, pas de grande différence avec notre ancienne routine parisienne. Pendant ces quelques jours de grisaille, la ville se fait triste, nous ne croisons pas grand monde dans les rues, ci ce n’est le quartier de San Telmo et son marché touristique. Sur place, il y a pas mal de touristes et c’est vrai que cette partie de la ville nous fait penser aux puces de Saint Ouen mais en beaucoup plus petit. Après un rapide coup d’œil  côté météo, on constate que le beau temps revient dès le lundi. Alors on décide de rester plus longtemps et donner une seconde chance à la ville. De toute façon, du temps, on a que ça devant nous.

Le beau temps est de retour à Buenos Aires

Alors dès le lundi on y retourne, on recharge notre carte de métro et on repart aux quatre coins de la ville. Ça y est le soleil est là, et les habitants aussi. Nous décidons de retourner dans certains quartiers pour voir si l’ambiance est au rendez-vous. Et nous n’allons pas être déçus.

Le quartier Recoleta

On démarre notre journée dans le quartier Recoleta. Après avoir pris un petit-déjeuner au café Tortini, une institution à Buenos Aires qui rappelle fortement nos plus beaux cafés parisiens. D’ailleurs ce café a été construit en hommage au café « Tortini » à Paris situé autrefois boulevards des italiens, il n’y a donc rien d’étonnant et il est difficile de ne pas comparer les deux villes car l’architecture parisienne a beaucoup influencée celle de Buenos Aires.

Le quartier Recoleta est un quartier calme où on trouve des petits cafés et des restos. On le trouve vraiment sympa et on regrette d’avoir pris un hôtel dans le centre ville de Buenos Aires qui est un quartier plutôt glauque. On visite le cimetière pour jeter un coup d’œil à la tombe d’Evita mais aussi pour apprécier le silence qui y règne. Le soleil brille haut dans le ciel et nous sommes bien contents de pouvoir en profiter.

On découvre ensuite le Centre Culturel où il y a quelques expos sympa. L’après-midi on décide de retourner dans le quartier de Palermo. Il y a du monde dans les rues et c’est plutôt agréable de se promener dans ce quartier. Bon c’est un peu le quartier « hipster » de la ville donc les boutiques et les restos sont souvent hors de prix mais on a réussit à trouver quelques endroits sympa. Comme « Inside » un café où on a pu goûter de très bons thés glacés. Palermo c’est aussi le quartier du street art. On en croise à tout les coins de rues et ça embellit énormément certains coins du quartier.

street art palermo buenos aires

street art buenos aires

frida khalo street art argentine

Le centre ville de Buenos Aires

Comme on l’expliquait précédemment, nous logions au centre ville de Buenos Aires dans une auberge où la plupart des chambres étaient occupées par des résidents permanents. Cette ambiance de coloc géante aurait pu être sympa mais en étant que des résidents temporaires, on avait l’ impression de gêner plutôt qu’autre chose. La salle de bain qu’on partageait avec d’autres résidents devenait un fumoir le soir et autant vous dire que c’était insoutenable parfois d’aller juste pisser. Quand on pouvait le faire car les autres résidents prenait des douches à des moments improbables. Il nous est arrivé d’entendre la douche à 1h du mat.

Le centre ville possède une belle architecture mais le soir, le visage du centre change et il suffit de se tromper de rue pour se retrouver dans un « coupe-gorge ». Un conseil si vous souhaitez visiter Buenos Aires ne prenez pas un hôtel dans le centre, même si les logements vous semblent moins chers. Privilégiez un quartier plus animé comme Palermo ou Recoleta, au moins vous vous sentirez à l’aise le soir pour aller dîner ou simplement rentrer. Cette parenthèse étant fermée, on va vous parler d’un autre quartier emblématique de Buenos Aires, celui de la Boca, souvent réputé dangereux.

Le quartier de la Boca

Pour nous rendre au quartier de la Boca nous avons pris le bus n°29. La majorité des touristes y vont en taxi mais petit budget oblige, on prend les transports en commun. Le chauffeur est souriant comprend de suite où nous allons et nous indique à quel moment sortir. Sur place, il y a beaucoup de touristes et on comprend pourquoi. La Boca est un quartier coloré et animé. Mais cette animation ne tient pas du quartier lui-même elle est créé de toutes pièces pour les touristes. Le tango qu’on entend dans chaque rue, les femmes habillés en danseuses qui souhaitent être prises en photo.

C’est le folklore qui s’accroche à Buenos Aires et qu’on donne à voir aux touristes dans ce coin là. Une fois qu’on l’a accepté, on peut davantage apprécier le lieu. Le quartier est beau et on s’y balade facilement. On s’arrête dans un atelier où Daïnah discute un peu avec l’artiste qui réalise des peintures. Elle n’habite pas ici, tout comme les autres artistes. Elle loue juste ce local pour vendre aux touristes. Un vieil homme débarque à ce moment là en se demandant ce que Daïnah fabrique là si elle n’achète pas.  L’homme est assez antipathique et il a parlé vite croyant sûrement que Daïnah ne comprendrait rien. Sauf qu’elle continue sa discussion avec l’artiste et qu’elle lui fait bien comprendre qu’elle a parfaitement compris ce qu’il venait de dire.On ne croise pas que des gens sympas à la Boca…

la boca buenos aires

la boca

la boca argentine

el caminito la boca

Cette petite mésaventure signe la fin de notre visite dans ce quartier. Depuis la Boca, nous marchons à pied jusqu’au musée d’histoire national. Ce musée se situe vers San Telmo. Nous marchons 15/20 minutes pour y arriver et nous passons près de la Bombonera, le stade du club mythique « Boca Junior » et de magnifiques graffitis qui représentent entre autre Tevez. VU le quartier, on ne sort pas l’appareil photo et on continue notre chemin.

Musée d’histoire national

Pour nous ce musée était un incontournable car il nous permettait d’en savoir plus sur l’histoire du pays, qui est d’ailleurs une histoire plutôt mouvementée. Le musée est assez petit mais il est riche en information. On découvre l’histoire de Belgrano, Dorrego ou encore San Martín et bien d’autres qui ont donné leur nom aux rues et aux arrêts de métro de la ville. Les panneaux explicatifs sont tous en espagnols mais à l’entrée il est possible d’avoir un fascicule explicatif en anglais. C’est toujours mieux que rien pour ceux qui ne parlent pas du tout espagnol. Le soir on retourne dans le quartier Recoleta pour aller boire un verre à « Bartola » un bar plutôt cool et animé.

Le dernier jour que nous passons à Buenos Aires nous tombons sur un super resto, la Pulperia Quilapan. C’est un restaurant tenu par un français dans un très joli endroit dans le quartier de San Telmo. On prend notre temps pour profiter du lieu. On goûte quelques spécialités, le choripan et le budín de pan. Un délice. On se balade ensuite dans le quartier de Saint Telmo une dernière fois, c’est beaucoup plus calme que le week-end et on apprécie aussi ce côté de Buenos Aires. On croise un couple dansant le tango et on reste les observer un moment avant de regagner notre hôtel.

pulperia quilapan

tango buenos aires

buenos aires

san telmo

Buenos Aires aura été une belle surprise. La comparaison avec Paris est indéniable, les villes se ressemblent et se sont sans doute influencées. On a aimé chaque quartier de Buenos Aires et on a aimé arpenter les rues de cette ville sous le soleil plutôt que sous la pluie. C’est une ville qu’on a aimé visiter mais contrairement à beaucoup de touristes ce n’est pas une ville où on se verrait vivre, c’est trop grand, trop bruyant et finalement un peu trop proche de ce que nous connaissons à Paris. Alors oui Buenos Aires existe bel et bien et c’est vraiment une ville à découvrir. C’est beaucoup plus qu’une pâle copie de Paris, croyez-nous !

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