Argentine

Assister à un match de foot en Argentine à Tucuman

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décembre 1, 2018

Nous avions promis à Dominique d’assister à un match de foot en Argentine, à Tucuman. La ferveur sud-américaine est bien connue et nous avions envie de la vivre le temps d’un match. Dominique, grand fan de l’Atletico Tucuman est ravi de notre enthousiasme et nous propose de tout arranger. Dimanche, nous serons au stade à ses côtés.

Assister à un match de foot en Argentine: Acte 1 

Le jour J, nous sommes tout excités à l’idée de regarder cette rencontre dans les gradins. On nous avait prévenus, dès 13h les rues se remplissent de fans du club et il est quasiment impossible de circuler. On commence à entendre du bruit qui provient de la rue. Nous jetons un œil, le blanc et le bleu, les couleurs de l’Atletico Tucuman, sont sur toutes les épaules. Les spectateurs ont déjà tous une bière à la main et mettent l’ambiance dans la rue. Le bruit s’accentue au nombre de bières ingurgitées. Dominique nous propose de sortir pour aller voir par nous-mêmes. Dehors, il n’y a pratiquement que des hommes. Je suis toute intimidée.

Ici tous le monde se connaît, deux touristes, ça se reconnait assez facilement. Heureusement, je parle espagnol mais cela ne m’empêche pas de ne pas comprendre certaines phrases, ponctuées d’argots que je ne connais pas. Le chef du Kop veut nous montrer qu’ils ont de la voix. Les musiciens sont là, ils jouent des airs connus de toute dans la rue. Ça chante, ça crie, ça se bouscule.

L’heure du match approche, les supporters sont prêts à soutenir leur équipe. Dominique avait prévenus tous ses amis. Ils n’hésitent pas à nous saluer. Tout le monde parle à Clément et je traduis pour qu’une discussion puisse se créer. On passe plusieurs cordons de sécurité et on entre enfin dans le stade. La foule est déjà rassemblée, les chants s’élèvent dans l’arène. Sur place, il y a 90% d’hommes. Je reste bien proche de Clément et de Dominique, je ne me sens pas complètement rassurée.

Dans le stade

La première mi-temps débute. Tout le monde chante, crie, saute. C’est hallucinant à voir. Malgré la chaleur étouffante qui règne ce jour-là, tout le monde donne de la voix. Les verres de fernet/coca tournent à l’intérieur malgré l’interdiction d’alcool dans le stade. L’ambiance est survoltée et j’ai presque envie de m’enfuir dès la mi-temps. D’un autre côté, on est avec un local qui connait tout le monde et c’est vraiment rassurant.  Clément, lui, n’est pas très inquiété, il s’amuse de l’ambiance qui règne dans le stade. Le match n’est en soi pas passionnant mais le vrai spectacle est dans les gradins. Chacun qui crie et commente le match. Dominique salue beaucoup de monde et nous présente, on sent que les habitués sont fiers de voir des touristes, ils ont envie de nous montrer comment ça se passe en Argentine.

Beaucoup d’argentins se moquent gentiment des supporters européens, assis et qui regarde tranquillement les matches. Ici c’est presque une insulte de rester assis sans rien faire. Un match ça ne se regarde pas, ça se vit ! On se prend aussi au jeu, on reste debout, on applaudit, on participe comme on peut à cette ferveur ambiante.

Lorsque la mi-temps est sifflée, Dominique nous demande si tout va bien. On acquiesce et il nous montre où sont les toilettes. On lui dit que tout va bien et on reste dans les gradins pendant ce laps de temps. Pendant les 15 minutes qui séparent les deux mi-temps, on voit quelques jeunes se parler et même se draguer, le stade est aussi un lieu de rencontres. La mi-temps, c’est aussi le moment de recharger ses batteries et son verre, l’alcool continue à couler.

Assister à un match de foot en argentine: Acte 2

La deuxième mi-temps démarre. On sent que les supporters ont basculé, certains sont ivres et ne tiennent plus debout. D’autres invitent Clément à se mettre debout sur une barrière. Dominique veille au grain et stoppe ce genre de débordements. D’ailleurs, il nous explique que dans le stade chacun à sa place, on ne monte pas comme ça sur une barrière, ce genre de prestige, ça se gagne. On apprendra ainsi que ceux qui sont tout au bord du terrain sont des proches du Kop ou du président du club. Nous sommes prévenus. Mieux vaut rester à sa place.

La seconde mi-temps nous parait interminable, l’ivresse est palpable et j’ai peur que ça dérape, je compte les minutes qui nous séparent du coup de sifflet finale. La seule chose qu’on ne souhaite pas (et c’est assez contradictoire), c’est que l’équipe de Tucuman marque, on ose à peine imaginer ce qu’il adviendrait! La chaleur est insupportable et nous aussi on se met à siroter du fernet/coca pour supporter la chaleur et se rafraîchir.

Fin du match

Pendant les vingt dernières minutes de jeu, nous sommes ballotés par les supporters qui sautent de droite à gauche. Honnêtement, on a jamais vu ça, c’est vraiment quelque chose d’exceptionnel! Le coup de sifflet se fait finalement entendre, on ne traîne pas et on suit Dominique qui sort rapidement du stade, on ne sait jamais. Ouf, nous sommes dehors. Le match s’est soldé par un match nul et finalement ce n’est pas plus mal. Chacun regagne son domicile avec un brin d’amertume tandis que d’autres continuent à picoler et à fumer devant les porches de certaines maisons. La police veille mais ne sévit pas, après tout c’est jour de match.

Et pour avoir un petit aperçu vidéo,  n’hésitez pas visionner la vidéo ci-dessous:

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